Pierce Brosnan et James Bond, retour sur l'ère de la renaissance de 007

      Petit retour sur l'acteur irlandais, mon interprète préféré dans le rôle de James Bond, et donc sur sa participation au sein de l'illustre saga. 


    Pierce Brosnan est né en 1953, soit l'année même de publication de Casino Royale, le premier roman de Ian Fleming sur l'espion de Sa Majesté (on pourrait presque y voir un signe du destin, comme le fait qu'il ait eu une histoire familiale compliquée, que son premier film vu au cinéma fut Goldfinger et qu'il ait même été marié à une James Bond Girl). Il est devenu populaire avec la série télévisée Les Enquêtes de Remington Steele au début des années 1980. Ladite série, fait connu, l'a empêché de prendre directement la suite de Roger Moore dans le rôle de l'agent secret en 1986. Au-delà de sa quadrilogie bondienne, Brosnan s'est par la suite illustré dans divers films dont les plus connus sont sans doute Madame Doubtfire (1993), Mars Attacks ! (1996), Le Pic de Dante (1997), Thomas Crown (1999), Mamma Mia ! (2008) ou The Ghost Writer (2010). Il devrait être bientôt à l'affiche du remake/reboot de Cliffhanger

      Pierce Brosnan devint enfin James Bond en 1994, après le refus inattendu de Timothy Dalton de revenir (pour des raisons que je n'évoque pas ici). S'il est aujourd'hui un peu déconsidéré dans le rôle de James Bond, il faut bien dire que cela est assez injuste. D'une part, il ne faut pas oublier que c'est l'interprétation de Pierce Brosnan qui a relancé et modernisé l'univers 007 après le trop court passage de Timothy Dalton (dans deux excellents films) et surtout après les ennuis judiciaires du studio qui ont été une épreuve dont il n'était pas évident à l'époque que l'espion allait y survivre. C'est grâce au charme et au charisme de Pierce Brosnan que la franchise a pu véritablement s'adapter au nouveau monde d'après la Guerre Froide et recommencer à très bien marcher. Certes, comme on le développera plus bas, ça n'a pas duré assez longtemps et bien des choses auraient pu être faites encore avec lui mais il faut dire les choses : sans l'ère Pierce Brosnan, l'ère Daniel Craig si révérée aujourd'hui n'aurait tout simplement jamais existé. Pierce Brosnan était-il le meilleur James Bond ? Probablement que non. Mais il a été une étape essentielle dans le parcours de l'agent au cinéma et il incarnait une sorte de synthèse des quatre différentes visions du personnage qui ont existé avant lui (Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore et Timothy Dalton). Son Bond peut être à la fois humain, froid, sérieux, dangereux, idéal masculin fantasmé et drôle. On peut trouver que c'est son défaut, on peut tout aussi bien se dire qu'au contraire c'est là sa grande qualité. En tous cas, c'est sans doute pour cela qu'il reste mon acteur préféré dans le rôle. Du reste, ses films incarnent aussi une époque et un certain esprit de la saga qui disparaîtra quelque peu ensuite, celui d'un Bond qui pouvait se permettre d'être encore relativement léger et d'assurer le divertissement, avant que tout ne se noircisse en drame introspectif en cinq actes avec l'ère Craig. 

    Le reportage ci-dessous date un peu mais c'est quand même assez synthétique sur la carrière de Brosnan jusque vers 2010 (avec d'ailleurs quelques erreurs comme une archive qui ne colle pas au film évoqué et Sophie Marceau qui est indiqué sous un autre nom).


    J'en profite pour caser aussi les rétrospectives de la chaîne Des Toiles et des Poils sur les quatre films de l'ère Brosnan (1995-2002). 
  1. GoldenEye (Martin Campbell, 1995)
  2. Demain ne meurt jamais (Roger Spottiswood, 1997)
  3. Le monde ne suffit pas (Michael Apted, 1999)
  4. Meurs un autre jour (Lee Tamahori, 2002)

Il est dommage que Pierce Brosnan n'ait pas pu continuer sur un ou deux autres James Bond, surtout pour relever la pente après le passage de Meurs un autre jour dans le farfelu le plus débridé. Après le tout aussi farfelu Moonraker, Roger Moore avait, lui, eu la chance d'avoir un Rien que pour vos yeux qui revenait au réalisme et à l'espionnage (malgré trop d'humour), et Pierce Brosnan aurait mérité d'avoir un opus de la sorte pour au moins faire un adieu satisfaisant. Mais s'il avait continué, il n'y aurait pas eu de Casino Royale ni de Skyfall donc on peut considérer que ce fut un mal pour un bien. Et puis son "mandat bondien" laisse beaucoup moins un goût d'inachevé que celui de son prédécesseur Timothy Dalton (Permis de Tuer et Tuer n'est pas Jouer ont beau être dans mes films préférés de la saga, je ne peux pas les revoir sans qu'apparaisse cette frustration qu'il n'y ait pas eu un troisième, ça fait vraiment toujours l'effet d'un manque). Je laisse ci-dessous une vidéo sur la fin de Brosnan dans le rôle mythique.
 

Pierce Brosnan reviendra-t-il un jour dans le rôle de l'agent secret de Sa Majesté ? Certains l'espèrent encore et, bien que j'aimerais pouvoir en faire autant, je ne crois pas que ça arrivera. Bien sûr, on peut trouver de très bonnes raisons sur le principe à ce qu'on puisse montrer un James Bond âgé et il y aurait des choses à développer. Mais je serais extrêmement surpris qu'Amazon MGM aille se risquer à quelque chose comme ça alors que d'autres options bien plus simples sont sur la table. 

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